Mes cafés jouent de nouveau aux chaises musicales tandis que mon encre se cherche. Porcelaine clinque sur le formica et en échappe des formes sombres bientôt séchées que je confonds immanquablement aux ratures sur mon papier.
Il fait beau dehors, je crois. Je n’ai toujours pas lâché mon écharpe, pourtant.
J’ai les doigts jaunes qui puent la caféine. La barbe qui gratte. L’oeil trépignant. J’ai même le pied qui tape.
Deux heures que sur la page volée, les boucles sans forme affirmée dessinent des mots creux, des concepts qui me paraissent vides, sans résonnance.
Je cherche le sentiment au détour de la lettre décisive. Je tremble face aux verbes. Mes adverbes me font peur. Ils te terrifieraient.
Mes ratures et tâches d’encre forment finalement le portrait de cette page : décevante, maladroite. Pardonnes-moi si elle est à mon image.
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fbencre a publié ce billet