La vie avance, et elle n’avance pas. Au fond du café que Patronne me sert je m’amuse à voir l’avenir. Un jour, un vieux monsieur grec m’a dit savoir lire l’avenir dans le marc de café turc. A son image, me voilà à inspecter la forme au fond de ma tasse, comme en séance avec le psychiatre.
J’essaie de nous y voir.
J’essaie de m’y voir.
Je ne vois qu’une tâche.
Papa ne m’a pas appris à nous gérer. Ai-je envie de m’avouer que j’ai trop appris de son côté sauvage, après avoir passé une vie à me convaincre que c’était là ce que je ne voulais pas apprendre de lui? Que j’étais différent? Tu m’as vu au quotidien, te repousser à mes manières, et tu m’as aimé. Je t’aime et ne te le montre pas, croiras-tu un jour que je ne t’aime pas assez? Le crois-tu et fais-tu avec déjà? Ai-je envie de te le montrer plus explicitement? De l’énoncer?
Parfois j’ai peur de t’aimer comme lui l’a aimé.
J’ai peur que tu m’aimes comme elle l’a fait.
Puis j’ai peur de :
-
tes paranoïas
-
ta faiblesse
-
ta dépendance envers moi
-
n’être jamais satisfait
-
sauter d’un pont parce que je me demande comment ça fait
-
montrer mes couilles à mon boss juste comme ça, pour le dérider.
Je me fais peur.
F.B